Les bases de la méditation 

La méditation en général

Nos modes de vie modernes sont devenus si éreintants qu'il n'y a guère désormais que le sport pour nous sortir un temps de cette course dans laquelle nous nous perdons.

La méditation permet également ce retour à soi, de façon sans doute plus profonde encore.

D'une certaine façon, elle offre l'occasion de "muscler son esprit". Elle devient ainsi une invitation à redonner à cette partie essentielle de nous-même la place qu'elle mérite. 

Accessible à tous, la méditation ne coûte quasiment rien, elle peut se réaliser n'importe où, et, précisons-le encore, sa pratique est parfaitement compatible avec une approche laïque. 

De nombreuses techniques de méditation existent. Les principes qui suivent ne sont pas expliqués tels quels aux enfants, mais ils correspondent à l'approche de méditation de pleine conscience que suit la Ligue des Super-méditants. 

Pour un super-méditant, méditer c'est : 

  • Être attentif à l’instant présent. 
  • Comprendre que l'instant présent ce n'est pas vivre comme si le passé et l'avenir n'existaient pas, de façon irresponsable j'entends. Etre dans l'instant présent c'est vivre la vie au rythme de la vie, en portant son attention sur ce que la vie, qui vient de quelque part et va quelque part, a à nous dire maintenant. 
  • Créer un espace entre les évènements et les pensées
  • Profiter de cet "espace mental" pour ne plus être dans la réaction, mais dans la réponse consciente au vécu
  • Se relier de façon bienveillante au corps, aux émotions, aux intentions. Cela signifie observer ce qui se passe en soi plutôt que l’interpréter, l’analyser ou l’évaluer
  • Ressentir et savoir reconnaitre les pensées pour ce qu’elles sont, c’est à dire le produit électro-chimique de notre cerveau plutôt qu’une réalité en laquelle croire et dans laquelle s'emprisonner 
  • Revenir calmement au corps, véritable point d'ancrage dans le présent, autant de fois que l’esprit se perd dans les pensées. 

Pour un super-méditant, méditer ce n'est pas : 

  • Ne plus penser : le cerveau est fait pour penser. Méditer revient davantage à observer nos pensées en prenant conscience qu’elle ne sous définissent pas. Les pensées ne sont rien d’autre que ce que notre cerveau produit. Elles ne sont rien de plus. Encore une fois, nous n’avons pas à les croire. Ces dernières changent si souvent, comment construire quelque chose sur une matière si mouvante ? Et s'il s'agissait de plus penser, à quoi nous servirait la méditation dans la vie de tous les jours ? Non la méditation nous apprend réellement à entrer, dans toutes les situations, dans un rapport différent aux pensées.  
  • Être reclus du monde : la médiation peut se pratiquer partout, tout le temps, pour 1 minute ou pendant des heures. La méditation ouvre le coeur de celui qui la pratique, elle offre l'occasion de développer l'empathie et la compassion. Ils ont bien tort ceux qui prétendent que la méditation nous coupe des autres. 
  • Impossible : même les esprits les plus agités peuvent méditer ! En se reliant à ce qui se passe à l’intérieur de soi on sera bien surpris d'y trouver de la matière à contempler. 

LA MÉDITATION POUR LES ENFANTS

Reconnaitre l'humanité de l'enfant  

Contrairement à ce qu’on voudrait croire, l’enfance ne rime pas toujours avec liberté et insouciance. Bien souvent, la voix de l’enfant est étouffée sous celles des parents, de l’école et de groupes. Les temps de loisir véritables quant à eux,  ces moments d'absence totale d’injonction, sont de plus en plus rares. Tout cela exerce une certaine pression sur l’enfant qui, s’il mineur aux yeux de la loi, n’en reste pas moins humain, capable à ce titre de souffrir et d’aimer.

Cette pression, l'enfant la subit d'autant plus que sa grande sensibilité lui fait vivre la vie avec une impressionnante intensité. Pour peu que les adultes autour de lui soient sous pression, l’enfant intériorisera cette manière d’être. L’anxiété chronique, les troubles du sommeil ou encore l’hyper-activité, ce n’est pas seulement l’affaire des grands.

Faire prendre conscience a L'enfant Des super-pouvoirs qu'il a en lui 

Dans d’autres cultures, des rites initiatiques permettent une transition progressive vers l’âge adulte. Petit à petit on reconnait ainsi la maturité grandissante de l’enfant. Notre société manque de ces repères. Jusqu’à même après la majorité, les relations avec les parents, les institutions et les pairs n’ont rien d’évident pour l’enfant devenu adulte. 

L’enfant sait très tôt qu’il doit réussir sa vie. Comment bien la vivre reste une réponse qu’il devra bien souvent trouver seul. Or les gènes ne sont pas la seule chose qui sont transmis aux enfants. Ces derniers prennent chaque jour les adultes comme modèles. Cela n'est pas toujours une bonne nouvelle quand on sait que beaucoup d’adultes ont des difficultés à s’extraire de schémas familiaux "toxiques". 

La ligue des super-méditants est convaincue que pratiquer avec les enfants une routine saine telle que la méditation permet de construire un nouveau rapport au monde à la fois bénéfique et durable. La méditation donne autant d'outils qu'elle permet de s'en forger soi-même. 


QUAND COMMENCER LA MÉDITATION ?

Avant toute chose, les enfants ont besoin d’être aimé et que leurs besoins soient satisfaits. La méditation n’est donc qu’un outil qui peut être proposé aux enfants. Elle ne doit jamais être vécu comme une contrainte. Ainsi, le simple fait de méditer soi-même et de laisser son enfant s’assoir à ses cotés peut, dans bien des cas, suffire. C'est même une première approche recommandée pour piquer la curiosité de l'enfant et l'inviter à s'intéresser à cette drôle de pratique par lui-même. 

Pratiquer des activités de pleine conscience, lesquelles impliquent de porter son attention sur ses propres ressentis et sur le monde autour de soi, peut également se concevoir en dehors du cadre méditatif traditionnel. S’assoir en silence quelques minutes et contempler ce qui nous entoure, se balader, jouer avec les cinq sens, pratiquer un instrument, danser, faire du sport, ces activités peuvent être pratiquées en y portant une attention totale. En vérité, tout ce qui est vécu est digne d'une attention totale. 

Si vous souhaitez aller plus loin et faire méditer les enfants, une pratique méditative peut se concevoir dès l’âge de 5-6 ans. Les séances seront bien sûr beaucoup plus courtes et moins formelles que pour des enfant de 8, 12 ou 16 ans. Chaque enfant évolue à un rythme différent, mais cette période de 5-6 ans est souvent propice à l’apprentissage de nouvelles choses. Elle correspond également à la période où l’enfant commence à prendre conscience de lui-même en tant qu’être qui pense. Pour plus d’information sur l’âge et le type de méditation à proposer, vous pouvez consulter le guide « Enseigner la méditation aux enfants, guide pratique ». Les ateliers de la ligue des super-méditants sont proposés pour tous les enfants jusqu'à 12 ans. 

Calme et méditation

La méditation, un outil essentiel pour tous les enfants 

 

La méditation est souvent d’un grand secours lorsque les pensées et le corps s’agitent. 

Les technologies auxquelles ont accès les plus jeunes aujourd’hui leur permettent de penser et de réagir plus viteDes études ont montré l’effet des jeux vidéos sur le cerveau. Ces derniers augmentent la capacité des joueurs à gérer un nombre important d’informations. 

Il s’agit là des aspects positifs d’une activité souvent accusée de tous les maux. Il reste cependant légitime de vouloir enseigner à son enfant d’autres compétences, comme le fait de savoir revenir au calme autant que de besoin, ou le fait de rester concentré sur une tâche en particulier. A une époque où les sollicitations extérieures progressent toujours plus, savoir revenir à soi est essentiel. Cette qualité peut se développer via la méditation.

La méditation consiste à prendre le temps, ne serait-ce qu’une minute, pour revenir à l’instant présent. Cela se fait au travers des points d’ancrages naturels que sont les sensations, les émotions, les pensées et les intentions.

Ces derniers ne sont des points d'ancrages qu'autant qu'on accepte de les considérer comme tels.  Concrètement cela implique d'observer sensations, émotions, pensées et intention de façon bienveillante, c’est à dire sans jugement, sans interprétation, sans évaluation. Cette prise de recul vient alors court-circuiter le mode pilote automatique dans lequel nous sommes souvent pris. Un enfant en est parfaitement capable. 


Comprendre le stress

Médicalement, le stress est défini comme la réponse de l’organisme face à des situations réelles ou imaginées qui nous mettent en danger. 

Le stress chez l’enfant est principalement lié aux situations de changement, de manques et d’attentes démesurées. Quelques exemples ici : séparations, manque d’attention, exposition à la violence, pression diverses, rencontre de nouvelles personnes, rentrées scolaires, intimidation, décès… 

Parce qu’ils n’ont pas le vécu des adultes, ce qui peut nous sembler le plus insignifiant peut en réalité avoir une grande influence sur les enfants. 

Le stress est neutre.

Le stress est neutre. Oui, vous avez bien lu.

On parlera ainsi de stress positif lorsqu’il stimule et permet à une personne de gérer une situation à laquelle elle est confrontée dans l’urgence, ou dans une situation qui sort du confort normal. Cette réaction prépare le corps à l’action, elle active certaines parties du cerveau indispensable. Un certain degré de stress augmente le fonctionnement des défenses immunitaires. 

On parlera de stress « toxique » lorsqu’il est vécu comme une menace et nous fait penser que nous n’avons pas le contrôle sur une situation – la réaction sera ici toxique à la fois pour le cerveau et pour le corps. 

La méditation et le stress

La méditation fait une grande place à la respiration. La pratique d’une respiration profonde permet de sortir de la réaction instinctive dite « combat-fuite » pour entrer dans un état de relaxation naturel.

Des travaux montrent que la pratique de la méditation modifie plus généralement la façon dont les neurones communiques entre eux. L’amygdale cérébrale, pour partie responsable du stress, se réduit. L’hippocampe, qui en général se réduit sous le stress, augmente pour sa part en densité.

Apprendre à l’enfant reconnaître et à calmer le stress

La méditation et la pleine conscience sont l'occasion pour l’enfant de développer une meilleure écoute de son corps, de ses pensées et de ses expériences.

Éveiller l’enfant à ce que sont les pensées et le sensibiliser aux moyens de s’en détacher lui permet de ne pas se laisser piéger par un flot d’inquiétudes. L’enfant qui médite prend conscience de son monde intérieur et de ses super-pouvoirs. Il a une plus grande confiance en lui pour affronter les défis de la vie et gérer les épisodes de stress qu’il sait désamorcer.


La méditation, outil précieux pour les enfants hyperactifs 

 

Traiter l’hyperactivité par voie médicamenteuse peut être très efficace pour certains enfants. Cette méthode ne correspond cependant pas à tous les enfants. La méditation peut alors se concevoir comme une alternative, ou, au moins, comme un complément bienvenu. Des études ont montré (en), que les enfants hyperactifs qui méditent font l’expérience d’une amélioration de leur capacité de concentration, de leur mémoire de travail, de leur comportement et de leur compétence d’organisation.

Une pratique flexible

Il peut être difficile d’imaginer de jeunes hyper-actifs rester assis pour méditer. Cela n’est pas un problème. De multiples façons de méditer existent. Rester assis en fermant les yeux n’est pas toujours la méthode qui conviendra à l’enfant. 

Si vous souhaitez pratiquer de courtes séances de méditation « traditionnelles » avec l’enfant, il n’est pas impossible que les premières séances soient vécues comme des échecs. Bonne nouvelle, l’idée d’échec d’une séance de méditation n’existe pas vraiment. Plutôt que réussir à rester assis et à se relier à soi dans la plus grande profondeur possible, c’est avant tout l’intention posée lors de la pratique qui compte. Comme le sport en quelque sorte, avec la méditation l’important c’est de participer.

Il est surtout important de signaler à l’enfant que le flot de pensées qui "irrigue sa tête" est une chose de tout à fait normal et vécue par nous tous. Le cerveau est réellement fait pour penser, comme les poumons le sont pour respirer. La méditation n’est pas faite pour supprimer ces pensées, mais, bien au contraire, pour les observer et comprendre qu’elles sont inoffensives.

10 minutes par jour voire moins

Même la méditation traditionnelle peut convenir aux enfants souffrant d’hyper-activité. La méditation à base de mantra, parce qu’elle est une pratique très simple, est un bon exercice de démarrage. Les yeux fermés, il suffit aux enfants de répéter en boucle un mantra (un son ou une phrase) pendant 5 à 10 minutes. Inconsciemment, leur attention se fixe ainsi pendant un certain temps. Les mécanismes de relaxation pourront se mettre en place. La méditation à base de mantra a l’avantage de ne pas demander de concentration particulière. D’autres techniques de méditation existent bien entendu (voir plus bas). 

Sommeil et méditation

La méditation comme rituel du soir

La Fondation Nationale du Sommeil américaine recommande entre 17 et 10 heures de sommeil aux enfants de moins de 12 ans. Ces temps de sommeil sont pourtant parfois loins de correspondre à la réalité et les effets comportementaux de ce manque de repos peuvent être importants. 

On ne surprendra personne en disant que de bonnes performances scolaires, une bonne énergie, des interactions de qualité avec l’entourage ou plus généralement se sentir bien, tout cela devient très difficile sans un sommeil réparateur. Une première façon dont la méditation peut aider est de faire varier les histoires du soir habituelles par la mise en place d'une véritable routine méditative.


La méditation déclenche un état de relaxation naturel

La méditation peut faciliter le sommeil. La pratique du yoga nidra profite par exemple pleinement de ses bienfaits.

Des études l’expliquent par la « réaction de relaxation » (relaxation response). La réaction de relaxation se produit lorsque le corps sort d’un état de survie induit par les tensions de la journée et que le système nerveux autonome revient à la normale. Les histoires du soir ne font rien d’autre qu’activer cette réaction. Il en va d'ailleurs de même d’une douche chaude et de tout ce qui n’alimente pas le stress, comme le fait de laisser les enfants voir la porte de leur chambre ouverte ou encore de dire non aux écrans et aux repas trop caloriques. Bref, toutes sortes de rituels du soir facilitent une transition vers un sommeil de qualité.

Ecouter ou lire une méditation guidée peut aider l’enfant à plonger dans un sommeil réparateur. Finir la journée sur un message positif donne en outre toutes les chances à l’enfant d’évacuer ses soucis et de gagner en confiance.


Des effets positifs pour toute la famille.

Le manque de sommeil n’est jamais un problème individuel. Des enfants agités et pleins d’énergie peuvent être « fatigants ». Des enfants à qui on impose toute forme d’attentes peuvent également être « fatigués ». Un enfant qui se réveille plusieurs fois pendant la nuit c'est toute la famille qui accumule la fatigue. 

La méditation nous apprend qu’il est contre productif de se focaliser sur les pensées qui émergent en cas d’insomnie. Se culpabiliser, angoisser, s’énerver, toutes ces émotions et pensées sont des réactions impulsives. En tant que telles, elles ne font que nourrir le problème. Méditer revient à faire de l'espace entre ses pensées et les évènements pour casser cette chaine de réactions. Méditer c'est prendre conscience, observer et accepter. Le sentiment de fatigue devient un sentiment normal. Des pensées qui s’agitent ? Normal aussi. Maintenant je respire, je me relie à ici et maintenant, et je laisse les choses se faire naturellement. 

Une pratique méditative régulière permettrait aux adultes de réduire progressivement le temps de sommeil nécessaire.  De quoi être plus facilement reposé et disposé pour les enfants !

Développement émotionnel et affectif et méditation

Accepter les émotions, NE PLUS LES COMBATTRE 

Nous perdons une énergie incalculable à essayer de bloquer, ignorer, voire supprimer nos malheurs. Des pensées auxquelles on a apparemment rien demandé provoquent alors en nous des émotions désagréables et de la souffrance.

Notre capacité à faire face aux émotions n'est pas donnée à la naissance. Les enfants sont souvent vite contrariés ou frustrés quand les choses deviennent difficiles ou ne vont dans le sens attendu, un peu comme si la patience leur était inconnue. 

La peur est également une émotion forte que peut ressentir l’enfant : peur de ne pas avoir d’amis, de ne pas être accepté dans la société ou encore peur de la mort pour n'en citer que quelques unes des plus fréquentes. Le cerveau des enfants est en constant développement et recherche la sécurité. La sensibilité de l’enfant aux dangers supposés est donc grande.

Tout parent souhaite que son enfant fasse l’expérience de ses émotions sans complications extrêmes. Favoriser l’intelligence émotionnelle de l’enfant est sans surprises une préoccupation importante des parents. Comment faire ? Nier la vie émotionnelle de l’enfant est la voie la plus dangereuse. Vouloir la faire taire ou étiqueter ces émotions fortes de "négatives" n’est pas non plus la solution.

Les émotions sont le résultat de réactions à des situations internes ou externes. Elles se distinguent ainsi des sensations qui sont des réactions à des perceptions purement physiques. En tant que produit de notre rapport au monde, les émotions sont donc une invitation à la découverte de soi.

Les émotions négatives peuvent être des indices de nos valeurs les plus profondes, et les façons dont nous pouvons avoir obtenu hors piste. La solitude nous rappelle de prendre le temps pour nos relations, par exemple, et l'anxiété pourrait signifier que nous avons pris sur un trop grand nombre de projets. Une fois que nous avons identifié ces incohérences, nous pouvons faire des corrections de petite taille pour nous diriger dans la bonne direction: la mise en place d'un dîner hebdomadaire avec des amis, par exemple, ou décider de dire non aux engagements dans un proche avenir. Susan David, auteur de Emotional Agility

Pour cette raison, empêcher l’enfant d’exprimer des émotions considérées comme « négatives » revient à déconnecter l’enfant de lui-même. Des difficultés à se construire, voire des pathologies autrement plus graves peuvent en résulter. 

Empêcher l’enfant de vivre ses émotions c’est non seulement empêcher qu'il se comprenne, c'est également refuser de le comprendre. C’est s’empêcher de tisser avec lui une relation enrichissante. 

Comment vivre ses émotions sans se laisser contrôler par elles ? La méditation offre une réponse.  


S’approcher de la stabilité émotionnelle avec la méditation

Prendre du recul sur ce qui se passe en soi

Ne plus subir ses émotions, mais les comprendre, voilà sans doute une des clés d’un développement psychologique sain. 

La méditation est une occasion de prendre du recul sur ses pensées et ses émotions pour ne plus se laisser entraîner par elles. Ce recul, cet espace entre les situations et les réactions qu’elles nous suggèrent peut se développer très tôt. 

En méditant, les enfants découvrent en eux une capacité à se sentir plus serein et plus en sécurité face aux défis de l'existence. 

Se recentrer sur ce qui nous maintient dans le présent

Inciter un enfant à se concentrer sur sa respiration dans un moment de panique est un bon début.  Lui faire écouter les sons des environs ou lui faire imaginer un endroit paisible également.

Aux Etats-Unis, dans certaines classes, des "espaces paisibles" sont installés. Les enfants peuvent y venir retrouver un ancrage lorsqu'ils se trouvent perdus dans un océan d'émotions. 

Observer

Vers 10-11 ans, lorsque l’enfant est capable de reconnaitre ses émotions, on pourra l’inviter à prendre conscience de celles qui le traversent et des éléments qui les déclenchent

Petit à petit il saura ainsi s’écouter et reconnaitre l'aspect tellement passager de nos émotions. Dédramatiser lui offrira ce pouvoir de ne plus se laisser entrainer par les malheurs.

Acceptation et empathie

La méditation aide au développement émotionnel pour deux raisons principales.

D’abord par l’acceptation qu’elle favorise. L’acceptation ce n’est pas minimiser une émotion. L’acceptation c’est regarder l’émotion telle qu’elle est, sans construire une histoire autour d’elle. Accepter revient à reconnaitre que l’ensemble des émotions, agréables ou moins agréables, fait partie de la richesse d’être humain.

On comprend donc que l’intelligence émotionnelle grandit aussi via l’empathie qui est la capacité à comprendre les émotions d’autrui. Acceptation et empathie sont les éléments d’une bonne communication, utile autant en famille que dans la société.


La méditation et la timidité de l’enfant

Le dictionnaire Larousse définit la timidité comme : le « manque d’assurance, de hardiesse dans ses rapports avec autrui ». Chacun sait reconnaitre quelqu’un de timide.  Les ressorts de la timidité sont eux moins connus.

Etre timide ou se sentir timide ne signifie pas « ne pas être normal ». La timidité est avant tout un trait de personnalité en partie prédéterminé par nos gênes.  Elle peut être une richesse pour notre monde. Il existe en effet beaucoup de timides heureux. La timidité n’est donc pas le problème, c’est notre rapport à la timidité, l’anxiété et le repli sur soi qui posent problème.

La pleine conscience aide à changer notre rapport à la timidité. Elle implique :

  • D’enseigner à l’enfant que la timidité est normale et que beaucoup de personnes le sont.
  • De ne pas essayer de faire comprendre à l’enfant que la timidité est quelque chose de mal.
  • De reconnaitre que la timidité n’empêche rien dès lors qu’on sait en faire une force.

Changer le rapport aux pensées

La timidité est le résultat d’habitudes cognitives inconscientes. L’enfant et l’adulte timides donnent trop d’importance à leur "tête" et à ses messages négatifs. La plupart du temps, l’enfant timide ne remarque pas que sa peur d’être jugé par les autres n’est rien d’autre que des pensées qu’il écoute trop. Pour lui, il s’agit de la façon normale de fonctionner avec les autres.

Grâce à la pleine conscience et à la méditation, la conversion mentale que l’enfant timide tient avec lui-même s’observe plus facilement.

L’enfant prend conscience qu’il a le choix.

Les pensées qui défilent toute la journée dans sa tête ne sont que des pensées, elles n’obligent à rien, elles ne sont rien de réel, elles ne sont pas lui. Penser qu’une personne ne nous aime pas, interpréter son sourire, penser à ce qu’on va dire, toutes ces choses sont des jugements qui nous emprisonnent.

Changer le rapport aux symptômes physiques

La timidité a des symptômes physiques nombreux : tensions, coeur qui bat très vite, tremblements divers et bouche sèche pour ne citer que les principaux. La pleine conscience et la méditation apprennent à l’enfant à se libérer de ces symptômes. Comment ?  En les observant simplement, sans entrer dans leur jeu.

Apprenez à l’enfant à simplement remarquer que son coeur bat plus fort, qu’il tremble, que ces choses sont normales et que les sacraliser revient à nourrir la timidité. Apprenez-lui à reconnaitre ces symptômes, puis à se relier à l’instant présent, en étant plus attentif à ce qui se passe à l’extérieur de lui.

Changer le rapport à soi

Grace aux pratiques méditatives de la bienveillance, l’enfant change son dialogue avec lui-même et apprend à se vouloir du bien. La timidité est le fruit d’une attention à soi dysfonctionnelle, à savoir trop focalisée sur le mental.

En étant dans l’instant présent, dans ce qui est en train de se passer, en sortant de sa tête pour écouter, observer et profiter de l’expérience, l’enfant s’accepte dans la réalité et en fait profiter tout le monde. 

Performances et méditation

Ne pas subir cette pression qui n'en finit pas 

Tout parent souhaite que son enfant excelle. Gare cependant aux attentes irréalistes. Celles-ci peuvent être contreproductives. Lorsqu’ils sont trop souvent amenés à se projeter dans le futur, les enfants ont tendance à se saborder, ou à se fatiguer jusqu’à l’excès.

Dans une société où le dépassement de soi et la compétition sont érigés au rang de valeurs fondamentales, la tentation est souvent grande d’inciter les enfants à toujours faire plus et mieux. On pense ainsi les diriger vers des parcours supposés garantir une certaine sécurité financière. Parfois, nos intentions sont simplement de leur offrir le plus de choix possible. 

Une telle approche de la performance risque de créer chez l’enfant sinon une anxiété chronique, du moins une déconnexion d’avec lui-même qui peut avoir des effets à retardement très néfastes.   


Réconcilier l’apprentissage et le bien-être

Les chiffres ne sont pas réjouissants.  Arrivés au stade des études supérieures, le mal-être étudiant est un phénomène courant. 

Sans doute la méditation n’est pas le remède miracle. Certains lui reprocheront d’empêcher les jeunes de préparer leur avenir en raison de sa focalisation sur l'instant présent. Cette remarque découle d’une mauvaise compréhension de la méditation.

La méditation est un temps de retour à soi et au présent. Son objet n’est pas de tuer l’ambition, mais de ne pas se laisser contrôler par elle. 

L’écoute de soi autorise des choix plus éclairés et conscients. Il n’y a donc pas de risque à enseigner la méditation aux enfants, bien au contraire. 

La méditation fait surtout réaliser à l’enfant qu’il a en lui des forces et un potentiel intarissables. L’enfant qui médite est mieux équipé pour prendre du recul sur le système de notation et la place de l’enseignant, si violents en France. La méditation apprend à l’enfant à changer de regard sur ce qu’il réalise et ce qu’il est, la pratique lui permet de toucher cette réalité essentielle Telle prestation artistique, sportive ou scolaire ne le définira jamais, fut-elle bonne ou mauvaise. 

L'importance centrale de la distinction entre l'être et le faire explique que de nombreux ouvrages et ateliers liés à la parentalité de pleine conscience insiste sur l'idée de ne pas féliciter un enfant pour rien. Entretenir l'idée que l'enfant est le meilleur, tout le temps et toujours, ne créer rien d'autre qu'un fardeau pour l'enfant. C'est là le dissuader d'essayer, d'échouer et de ressayer encore. Bref, de créer, progressivement, sa réussite

Ecole et méditation

La méditation peut renverser "l’effet toxique" de l’école

Le stress fait partie intégrante de la vie, même pour des enfants. Adultes et enfants ont besoin de sortir de leur zone de confort pour grandir et se développer. Dans le système éducatif actuel cependant, ce stress n’est pas un « bon stress », c’est un stress toxique. Le stress toxique apparait lorsque ce qui est demandé à un individu dépasse sa capacité à pouvoir y répondre.


Pour les élèves

Le stress toxique compromet la capacité d’attention des enfants. Il dérègle l’équilibre de leurs émotions et les prive de l’énergie nécessaire pour apprendre. L’exposition à un stress toxique enfant peut avoir des effets dangereux sur le long terme, à la fois sur le plan physique et mental. 

La méditation permet aux enfants d’être dans une meilleure disposition pour apprendre. Les enseignants constatent que les classes sont plus calmes avec la méditation. L’anxiété liée aux notes se réduit. La concentration augmente. Les relations entre élèves et avec l’enseignement s’améliorent. Les lycées où des séances de méditations sont mises en place dénombrent moins d’infraction au règlement intérieur. 


Pour les enseignants

Un stress toxique commence par réduire la créativité et la productivité.  Petit à petit, il conduit à un sentiment de frustration, de dissociation et d’anxiété. Le burnout est la prochaine étape.

Parce que la fonction de police a pris le pas sur le plaisir de transmettre, le métier d’enseignant ne fait plus rêver. L’éducation nationale peine à recruter, pour le plus grand malheur des élèves qui gagnent à avoir devant eux des adultes passionnés.

Les enseignants disposent pourtant d’un outil qui peut les aider à relâcher la pression et retrouver l’énergie dont ils ont besoin. De manière générale les enseignants peuvent mieux gérer les défis du milieu scolaire.

Dans son ouvrage Mindfulness for TeachersPatricia A. Jennings liste ainsi les principaux bienfaits de la méditation pour ses collègues : 

  • Meilleure compréhension des émotions : la pleine conscience invite à sortir du schéma de réaction automatique aux évènements 
  • Meilleure communication avec les élèves, la pleine conscience invite à prendre conscience de tics de langages déficients 
  • Meilleur rapport aux élèves difficiles, la pleine conscience invite à comprendre l'origine de leur comportement et à agir de façon bienveillante
  • Environnement de travail plus coopératif, la pleine conscience invite à abandonner l'illusion du contrôle permanent de tout et de tous.  

 

Pour les parents

Un stress toxique incite les parents à voir leur rôle réduit à celui d'un gestionnaire de listes d’activités quand ce dont a besoin l'enfant est d'une présence emphatique. 

Sans surprise, l’exposition à un stress parental pendant la prime enfance a des effets sur l’expression des gènes qui peuvent se répercuter bien plus tard pendant l’adolescence.

Les parents trouvent généralement que la méditation les aide à être plus patients et compatissants. Méditer c'est apprendre à être plus tolérant avec soi et les autres. Une des règles universelles étant que chacun peut donner à autrui que ce qu'il s'est d'abord donné à lui même. 

Une solution plus générale : la pleine conscience à l’école. 

Parce que le stress toxique est ancré dans l’environnement compétitif du système éducatif,  nous avons besoin de créer un environnement plus équilibré. L’introduction d’éléments non-cognitifs dans les programmes scolaires, sous la forme de séances de méditation ludiques par exemple, peut servir cet objectif. 

Les apports de la méditation peuvent simplement être intégrés dans les cours où la dimension sensorielle est la plus grande tels qu’un cours d’art plastique, de sport ou de musique. Renforcer l’attention au corps qui bouge, qui crée, qui entend ; inviter l’enfant à observer ces mécanismes pendant la classe et en dehors, voilà un premier pas positif.

De nombreuses initiatives existent pour apporter la méditation et la pleine conscience dans les écoles. Cela est surtout le cas aux Etats-Unis (Mindful Schools) et dans d'autres pays anglo-américains. En France cela commence, très doucement, avec notamment, l'Association Méditation dans l'Enseignement

Adolescence et méditation

De la stabilité dans un océan de changements

L’entrée dans la puberté ne passe souvent pas inaperçue chez l’enfant.  Les changements d’humeur et le besoin de validation par les pairs s’intensifient. Entre 12 et 21 ans, le cerveau et le corps se remodèlent, le besoin de liberté vis-à-vis des adultes grandit.

La méditation est l’occasion pour l’adolescent de trouver un équilibre pendant cette période de grands changements. La méditation donne à l’adolescent une meilleure compréhension de lui-même. Elle lui fournit les outils nécessaires pour ne pas se laisser submerger par les transformations qu’il connait. 

Dans The Spiritual Child, la psychologue Lisa Miller explique et documente scientifiquement la relation positive entre spiritualité et bien-être des adolescents. Selon l'auteur, les adolescents qui acceptent de voir dans la vie quelque chose de plus grand qu'eux-même, notamment via la méditation laique : 

  • Sont à 40% moins susceptibles d'utiliser et abuser de drogues
  • Sont à 60% moins sujets à des épisodes dépressifs  
  • Sont à 80% moins susceptibles d'avoir des rapports sexuels non protégés
  • Ont de manière générale de plus grandes ressources internes pour réussir

De la confiance dans un torrent d’attentes

L’adolescence est une période de la vie qui véhicule encore de nombreuses idées reçues. L’attention portée sur le développement du bien-être est bien souvent mise au second plan. Les discours de méfiance que leur adresse notre société a des conséquences déplorables sur la santé mentale des adolescents. Les plus influençables s’entourent alors des mauvaises personnes et mettent les pieds dans des engrenages de vie difficile à fuir.  La méditation pose les fondations pour contrer ces réactions instinctives.

L’adolescence est aussi une période de grand stress lié à l’injonction de réussite scolaire. A l’heure où les perspectives économiques sont de plus en plus floues, la course aux diplômes rassure les parents. Elle désoriente également les élèves, incapables de savoir s’ils font le bon choix. Dans ce contexte, prendre le temps de méditer quelques minutes entre une montagne de devoir et d’activités permet de rester à l’écoute de ses besoins et aspirations propres. La pression diminuant, la capacité de concentration s’accroit d’autant plus.

L’adolescence est un trésor. Les changements qui s’effectuent dans le cerveau pendant cette période leur permettent de devenir des adultes aptes à agir positivement sur le monde. La méditation n’offre rien d’autre que les moyens de tirer le meilleur parti de cette construction physique et mentale.


Préparer le terrain avec la méditation pour enfants

 

Demander à des adolescents de mettre en place une routine de méditation peut s’avérer compliqué. Souvent à ces âges, toute directive qui provient d’un adulte est remise en question, sinon rejetée. 

La majorité d’entre nous ne se tourne en effet vers la méditation qu’à un stade avancé de la vie, lorsque la répétition des mêmes erreurs ou des évènements plus imprévisibles nous forcent à nous remettre en question.

Cela rend d’autant plus précieux l’enseignement de la méditation aux enfants. En commençant tôt, l’enfant fera de la méditation une pratique comme une autre. Prendre le temps de méditer devient une pratique d’hygiène mental, à l’instar des autres activités qui participent plus généralement à l’hygiène de vie.

L’enfant qui médite découvre un outil qui a toujours été en lui. Il saura le mettre en oeuvre dans les temps les plus troublés,  en particulier lorsque l’adolescence frappera à la porte avec son lot de bouleversements.

Techniques et méditation

Faire assoir un enfant en position du lotus n’est pas le seul moyen de lui faire découvrir la méditation. Une grande variété de techniques existent. Cette section passe les principales techniques en revue. On peut les retrouver dans les ateliers et ressources de la ligue des super-méditants. 

La respiration consciente

L’exercice fondamental

Le simple fait de respirer à des vertus insoupçonnées. Composante primaire de la vie, la respiration est par nature un acte inscrit dans le présent. 

La respiration et les émotions sont liées. Surpris ou étonnés, notre respiration s’accélère. Ennuyés ou contrariés, nos soupirs s’intensifient.Les pensées et la respiration sont également associées. Serein notre respiration est calme. Préoccupés nous avons tendance à retenir notre respiration. Ainsi, notre capacité à nous détendre est intimement liée à notre capacité à respirer pleinement.

La respiration superficielle ne permet pas à notre système nerveux de fonctionner à plein. Elle provoque des interférences dans l’équilibre des systèmes nerveux sympathique et parasympathique, les systèmes qui contrôlent la relaxation et l’excitation.

La respiration de pleine conscience est un excellent remède contre le stress et l’agitation. Très facile d’accès, elle a un impact positif sur notre mental et notre corps. Aucun besoin de mantra ou de technique de visualisation particulière. L’enfant peut être invité à prendre conscience de sa respiration à tout moment. C’est une très bonne première étape à la méditation, 3 à 10 minutes suffisent.

Comment respirer consciemment

Un grand nombre de personnes respirent à l’envers. La respiration de pleine conscience implique d'inspirer en gonflant le ventre dans un premier temps, puis d’expirer en dégonflant le ventre. En restant attentif à ce mouvement, un état de relaxation se met en place progressivement. 

Dans la pratique de la méditation de pleine conscience, le méditant se concentre la plupart du temps sur le mouvement de son souffle. Chaque fois que l’esprit vagabonde, l’idée est d’arriver à reconnaitre cet instant de distraction sans le juger, avant de revenir doucement au souffle et de s’observer inspirer et expirer. Pendant les séances, le rôle de l’adulte est d’accompagner l’enfant. L’adulte doit lui faire comprendre qu’il n’est pas grave et même normal d’être déconcentré par un flot de pensées. L’important est de retourner calmement vers sa respiration.

Pour une pratique plus ludique, il est possible de faire de la respiration consciente un jeu. Par exemple en faisant des bulles de savon que l’enfant gonflera en prenant soin de respirer convenablement. 


Le balayage ou scan corporel

Relaxation et écoute du corps

Le scan corporel est également un moyen très utile de se relier à soi. Il est particulièrement adapté en tant qu’exercice de relaxation avant d’aller se coucher. 

Le scan corporel permet de repérer des points de tensions insoupçonnés et d’accéder à une meilleure compréhension du corps. Notre corps est une clé d’entrée vers l’inconscient très importante. Bien souvent nos soucis de santé ne sont que la pointe avancée de problèmes que ce dernier nous avait signalés en vain par des premiers symptômes minimes.    

Conseil pour les enfants.

Il est possible de commencer un scan corporel à partir de la pointe des pieds ou du sommet du crâne. L’idée est de parcourir l’ensemble du corps à partir de ce point, jusqu’à l’opposé, en se concentrant sur différentes zones.

En commençant par les orteils du pied gauche, puis par le pied, on remontera ainsi aux talons, aux mollet, aux jambes, etc. 

Pour rendre l’exercice plus facile pour les enfants, il peut être utile de leur faire imaginer qu’un personnage extérieur ou une force surnaturelle les aide à scanner leur corps et à repérer les points de tension. Vous pouvez également pratiquer le scan corporel en imaginant une source lumineuse venir éclairer chaque partie du corps.


LA RELAXATION MUSCULAIRE PROGRESSIVE 

Outre le balayage corporel, la technique de relaxation musculaire progressive fait partie des rituels de pleine conscience idéals pour le soir.

Cette technique dite aussi "méthode Jacobson" est l'une des techniques les plus faciles à mettre en place. L'exercice consiste à contracter puis relâcher chaque muscle de son corps, en partant de la tête ou des pieds. 

Ce faisant, l’attention se focalise sur le présent et les points de tensions accumulés pendant la journée se détendent. Il est parfaitement possible d’agrémenter cette technique avec des histoire amusantes. 

La subtilité est de relâcher le muscle juste après l'avoir contracté plutôt que de contracter tout le corps puis tout relâcher. C'est d'ailleurs pour cela que cette méthode est appelée "relaxation progressive". 


Le yoga

Connecter l’esprit et le corps en mouvement.

Les enfants subissent chaque jour le rythme effréné de nos modes de vie contemporains. Même la pratique d’un sport n’est pas de tout repos pour celui qui veut enchainer les médailles. Cette suractivité a un profond impact sur l’état de bien-être naturel de l’enfant. Le yoga peut être un moyen amusant de mettre de l’harmonie dans sa vie. 

La pratique du yoga chez les jeunes participe au renforcement de la confiance en soi dans un contexte neutre de toute compétition.  Il contribue également à développer une meilleure écoute du corps. Mieux dans leur peau, les enfants yogi peuvent ainsi nouer une relation sereine avec le monde qui les entoure.

Pour ceux qui ont des difficultés à rester calmes en ne « faisant rien », le yoga est donc une bonne introduction aux mécanismes de la méditation. 

Les défis de la pratique du yoga pour enfant

Aujourd’hui de plus en plus de cours de yoga sont spécialement destinés aux enfants. Le yoga peut également se pratiquer à la maison, après avoir pris quelques précautions.

Le plus difficile dans la pratique du yoga ne sera pas tant de faire bouger les enfants que de leur faire comprendre l'apport des séances. Respiration, flexibilité, équilibre, paix intérieure, ce sont là des bienfaits concepts connus, mais pas toujours simples à faire comprendre. Il ne faut donc pas hésiter à entourer les séances d’histoires captivantes. 

Les différentes poses pourront ainsi être associées à des qualités, des animaux ou des créatures. La position du guerrier pourra par exemple être présentée comme la position de la force avec, en guise d’instruction, le fait de mimer un surfer.

Comme toujours votre sincérité, votre imagination et votre connaissance de l’enfant seront la clé. Des ouvrages existent pour vous aider à lier aspect ludique et pédagogie. 


Les méditations des 5 sens

Porter attention à ses cinq sens est un moyen très pratique pour prendre conscience de ses ressources intérieures.

Les enfants réagissent très bien à ces activités qui peuvent se réaliser n’importe où. Abordons l'écoute consciente et le repas de pleine conscience. 

L’écoute conscience avec les enfants

Il n’est pas rare d’entendre un enfant se plaindre qu’un de ses parents ne l’écoute pas. Ne se sentant plus écouté, l’enfant peut progressivement se renfermer sur lui même. Pratiquer l’ écoute consciente avec l’enfant vise à éviter ces pièges de la communication.

L’écoute conscience consiste à être attentif à ce que l’interlocuteur exprime. Cela passe par les mots, mais pas seulement. Les gestes, les expressions faciales, le volume et le ton de la voix peuvent en effet nous apprendre beaucoup sur ce eux qui parle. Selon le professeur de psychologie Albert Mehrabian

  • 7 % de la communication est verbale (par la signification des mots)
  • 38 % de la communication est vocale (intonation et son de la voix)
  • 55 % de la communication est visuelle (expressions du visage et du langage corporel).

Les enfants éprouvent beaucoup d’émotions et de frustrations. En constante recherche d’attention, ces derniers peuvent donc plus facilement se trouver contrariés. Avec l’écoute consciente, les parents font comprendre à l’enfant qu’ils sont attentifs de leurs besoins. Écouter ne veut pas dire oui non à tout, mais bien reconnaitre que l’enfant s’est exprimé et quel besoin il a exprimé.

Comme l’enfant a tendance à reproduire la manière d’être des adultes, écouter de façon consciente créer des habitudes de communications positives au sein de la famille tout entière.  Non seulement l’enfant se sent estimé et compris, mais il développe aussi des compétences de communication saine.

Bien des situations résultent d’une incapacité des interlocuteurs à écouter leurs besoins respectifs. Sachant écouter consciemment, l’enfant sera plus à même de gérer les conflits de communication qui pourront se présenter tout au long de sa vie

L’écoute consciente nous invite à nous plonger dans l’instant sans écouter nos pensées pendant que notre interlocuteur communique verbalement et non verbalement. C’est une des raisons pour lesquelles l’écoute consciente est un très bon outil contre la timidité. Le timide fait peser trop de poids sur ses pensées et ses insécurités en étant sans arrêt en recherche de ce qu’il va dire.

Le repas de pleine conscience.

D’après l’INPES, l’obésité et le surpoids concernent respectivement 3,5 % et 4,5 % des enfants, le double par rapport à une dizaine d’années. L’obésité ne fait pas que renforcer les risques de maladies, elle mine la confiance en soi de l’enfant et sa relation aux autres. Trop peu d’efforts sont faits pour enseigner aux parents et aux enfants l’effet de l'alimentation sur leur bien-être. Le repas de pleine conscience répond à ce besoin d’une manière qui peut être très amusante.

Le repas de pleine conscience ne consiste en rien d’autre que de faire attention à tout ce qui implique l’acte de manger. Ainsi l’enfant pourra être incité à se contrer alternativement sur divers aspects de l’aliment :

  • Ses couleurs
  • Ses odeurs
  • Sa texture
  • Son goût
  • Sa température
  • Le son qu’il fait.

Cet exercice s’inscrit dans un effort d’attention au présent. Regarder la télévision ou lire nous prive de la richesse de l'expérience de manger. Relié à ce qu’il mange, l’enfant construit au contraire de bonnes habitudes, il apprend à apprécier les choses et sera plus enclin à faire plus tard des liens utiles entre ses émotions et son alimentation. Ces liens ne manquent pas d’être nombreux.

Un des grands avantages du repas de pleine conscience est qu’il se prête facilement à des histoires et à des jeux. L’origine des aliments, la manière de manger des idoles de vos enfants, etc. Votre imagination et celle des enfants est la seule limite.


la méditation de L'amour bienveillant

La méditation de l’amour bienveillant consiste à répéter des voeux de bonheur envers soi-même et les autres. Progressivement, sa pratique nous aide à changer notre rapport aux autres. Nous commençons à nous sentir moins isolés du reste du monde. De nombreuses études existent sur le sujet. Elles démontrent notamment des effets positifs sur l’empathienos rapports sociaux et notre estime de nous-mêmes. 

Ce type de méditation permet aux enfants d’acquérir amour de soi et compassion envers les autres. Si généralement, la méditation de l’amour bienveillant se pratique en plaçant une attention sur soi, puis sur les autres, il est tout à fait possible de commencer la méditation en pensant à une personne que l’enfant apprécie. Cela rend les choses plus facile. L’enfant est invité à revenir à lui dans un second temps.

Exemple en plusieurs étapes : 

1. Demander à l’enfant de choisir une personne qu’il aime et le fait sourire

Vous pouvez commencer par parler un peu de cette personne avec votre enfant. Qu’y a-t-il de spécial chez cette personne ? L’enfant aime généralement sans condition. Aussi, le choix d’une personne peut vous surprendre. Il n’est pas impossible qu’un animal lui vienne en tête. Pas de problème :)

Une fois que l’enfant s’est ouvert sur une personne chère à son coeur, assurez-vous qu’il se sente bien. Faites ensuite imaginer à l’enfant la personne qu’il aime. Invitez en même temps l’enfant à poser sa main contre son propre coeur. 

Vous pouvez aider votre enfant à mieux imaginer la personne en question. En parlant par exemple de ses habits, de son odeur ou de quelque chose qui lui fait penser à elle. Dites quelque chose comme :

Quand tu fermes tes yeux, imagine grand-mère et son visage. Pense à combien elle est heureuse quand tu la portes proche de ton coeur. Imagine son sourire rayonner. Elle est heureuse et rigole. Maintenant, imagine grand-mère faire quelque chose qu’elle aime. Prends ton temps pour y réfléchir et dis-moi quand tu ressens cette image avec tous tes sens.

Faites décrire à l’enfant ce qu’il visualise. Cela peut être simplement quelques mots. Par exemple que grand-mère est au jardin. Vous pouvez ensuite aider l’enfant en proposant une visualisation plus complète sur le jardin.

Grand-mère est dans le jardin. Le soleil brille et il y a de magnifiques papillons qui s’approchent des fleurs. Grand-mère sourit et son corps et reposé, en pleine santé. Imagine que tu t’approches de grand-mère et que tu lui fais un câlin plein de gentillesse et d’amour. Cela remplit ton propre coeur d’amour. Prends cet amour dans ton coeur et fais-en le cadeau à grand-mère.

2. Raffiner la pratique selon la maturité de l’enfant

Si votre enfant est assez grand pour comprendre la force de l’intention, vous pouvez utiliser les formules traditionnelles de la méditation de l’amour bienveillant. Celles-ci prennent la forme suivante :

« Puisse {untel} être heureux, en bonne santé et en paix ».

3. Revenir vers l’enfant

Après un certain moment, demandez à l’enfant de commenter ce qu’il a ressenti. S’il y a un sentiment de bonheur en lui, soulignez-le. Puis, conseillez à l’enfant de s'envoyer des pensées d’amour. 

Pour un enfant jeune, essayez avec un câlin. Dites-lui d’utiliser ses deux mains et d’enlacer son corps en ressentant l’amour qu’il a partagé tout à l’heure. Si l’enfant est plus âgé, répétez par exemple : « Puissé-je être heureux et en paix ».

Demandez ensuite à l’enfant ce qu’il pense et comment il se sent.

4. S’étendre au monde

Une fois que l’enfant est familiarisé avec les voeux de bienveillance sur lui-même et ses proche, il est possible d’étendre la méditation à des personnes que l’enfant ne connait pas. Par exemple en souhaitant du bonheur à tous les enfants du monde, ou tous les animaux du monde, voire tous les êtres vivants qui peuplent notre planète. 

Il est également possible d'étendre la méditation de l'amour bienveillant à des personnes qui ont chamboulé l'enfant d'une certaine façon. L’important est dans ce dernier cas de le rassurer. Plutôt que de lui demander d'aimer ces personnes, faites-lui comprendre le cas échéant que celles-ci parce qu’elles manquent d’amour et ont souvent peur de ce qu’elles ne comprennent pas. On peut alors dire : 

Puisse {untel } être libéré de la peur, puisse {untel} ouvrir son coeur à l'amour et découvrir la joie d'agir de manière bienveillante. 

Comme l'indique Bodhipaksa, enseignant bouddhiste, la méditation de bienveillance ne rend pas les personnes auxquelles l'on pense meilleure, mais diminue la quantité d'intolérance et de haine dans le monde en réduisant l'intolérance et la haine dans nos coeurs. 


Des exercices de pleine conscience, partout : ne jamais cesser de jouer

Il est difficile de terminer ce panorama de la méditation pour enfants sans insister sur la notion de jeu. Celui-ci est bien plus utile à la pratique de la méditation que la notion de succès ou d’échec. 

Une séance de méditation ne se réussit pas. Ce qui compte est l’intention de méditer, un peu, en principe, comme la participation à un jeu. Un jour un exercice ne se passera pas comme vous l’aurez espéré. Ce n’est pas grave, conservez votre intention et libérez-vous de toute attente. 

En plus de correspondre à l’état d’esprit méditatif, le jeu peut lui-même être prétexte à la méditation. Ce qui est particulièrement bienvenu dans la perspective d'une pratique avec des enfants. 

Penser que la méditation requiert une discipline incompatible avec le fonctionnement de l’enfant est une erreur. La méditation n’est rien d’autre qu’une attention pleine et entière placée sur soi, l’approche traditionnelle n’est pas la seule qui aillent dans ce sens. Des pratiques informelles existent. De même, les pratiques les plus formelles peuvent être adaptées pour un public jeune en y ajoutant des éléments narratifs amusants. 

Ainsi, toutes les pratiques présentées plus haut, la méditation classique, le yoga, la respiration consciente peuvent être présentées sous forme de jeu. L’enfant peut lui même participer à leur création. L’important est de se montrer motivé pour que l’enfant le soi aussi, et que rien ne prenne la forme d’une contrainte.

Au final, la méditation ne requiert pas de longs efforts. L’exercice le plus court sera souvent le meilleur. Il n’y a dans un premier temps même pas besoin de présenter les avantages de la pratique. Ceux-ci se découvrent d’eux même au fil du temps. 

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